Voilà une anomalie de catalogue qu’il vaut mieux expliquer que masquer. Comptez 1 009 € pour 2 200 m² annoncés d’un côté, 1 092,70 € pour 1 000 m² de l’autre avec le 310 Mark II. Plus du double de surface, pour 83,70 € de moins.
Un prix de fin de carrière, pas une bonne affaire miraculeuse
Rien de récent dans cette machine. Sa référence marchande figure parmi les plus anciennes du catalogue, et ses caractéristiques ont dû être relevées sur une page d’assistance du constructeur, pas sur une fiche produit courante. Chez Husqvarna, ce déplacement vers l’assistance signale une machine sortie de la gamme active mais toujours suivie et toujours distribuée.
Ce statut explique le prix. Il faut en tirer les conséquences plutôt que se réjouir trop vite. Une machine ancienne conserve son service après-vente, ses pièces d’usure et sa mécanique éprouvée, mais elle ne reçoit plus les évolutions logicielles, elle ne bénéficie d’aucun des choix ergonomiques faits depuis, et son stock de neuf finira par s’épuiser.
Cela dit, sur cette niche, la mécanique compte davantage que l’électronique dans la durée. Ce qui casse, ce sont les roues, la batterie et la station de charge. Pas l’algorithme. Un robot ancien d’une marque qui fournit encore ses pièces n’est donc pas un mauvais calcul en soi, à condition de savoir ce qu’on achète.
Ce que la fiche technique dit de mieux que les Mark II
Sur trois lignes, le 320 dépasse les deux Automower Mark II du comparatif.
La pente admissible atteint 45 %, contre 40 % aux deux autres, et cinq points au-dessus de la médiane du catalogue. Sur les neuf Husqvarna du comparatif, seul le 430X Nera fait mieux, avec 50 %.
L’autonomie s’établit à 80 minutes, contre 60 aux Mark II. Sur une surface conseillée deux fois supérieure, l’écart n’efface pas la différence de charge de travail, mais il va dans le bon sens.
La largeur de coupe atteint 24 cm, la valeur la plus large des neuf Husqvarna du comparatif, à égalité avec le 430X Nera et le 520, et quatre centimètres au-dessus de la médiane du catalogue. Plus le terrain est grand, plus un plateau large réduit mécaniquement le nombre de passages nécessaires.
Enfin 58 dB, la deuxième valeur la plus basse des neuf Husqvarna du comparatif derrière les 56 dB du 430X Nera, et pile sur la médiane des 44 modèles qui publient ce chiffre.
Ce que la fiche technique dit de moins bien
La case Wi-Fi porte un « non » explicite. Ce n’est pas une donnée manquante, c’est une réponse. Aucune connectivité intégrée, donc aucune programmation à distance, aucune alerte sur téléphone, aucune mise à jour automatique.
Sur 2 200 m², cette absence se paie en trajets. Changer un horaire, ajuster une hauteur de coupe, lire un message d’erreur : chaque fois, il faut aller jusqu’à la machine, la trouver, se pencher. Les concurrents à 800 € font tout cela depuis un canapé, et c’est devenu la fonction que les acheteurs citent en premier dans leurs retours sur l’ensemble de la niche.
Il faut aussi rappeler ce que 2 200 m² de câble périphérique représentent. Le tour complet de la pelouse, le contournement de chaque massif et de chaque arbre isolé, le fil de guidage, les cavaliers ou l’enfouissement. On parle de centaines de mètres et de plusieurs demi-journées, avec un point de fragilité permanent une fois posé.
Aucun avis relevé
Le relevé du 2 août 2026 ne rattache aucun avis client à cette référence. C’est cohérent avec l’ancienneté du modèle et avec un volume de ventes résiduel.
L’information manque donc totalement sur trois points : le comportement après plusieurs saisons, la disponibilité réelle des pièces aujourd’hui, et la façon dont le service après-vente traite une machine qui n’est plus au catalogue actif. Aucun retour d’usage ne vient compléter ou contredire la fiche constructeur, et les avis d’autres Automower ne se transfèrent pas, les stations de charge et les câbles d’alimentation ayant changé entre générations.
À qui ça s’adresse
Un grand terrain, plutôt pentu, déjà équipé d’un fil périphérique en bon état ou chez quelqu’un que la pose n’effraie pas, avec l’idée d’acheter de la mécanique plutôt que du logiciel. À 1 009 € pour 2 200 m² et 45 % de pente, aucune machine récente du comparatif ne s’approche de ce rapport.
Sur un jardin moyen, ou chez qui veut piloter sa tonte depuis son téléphone, la question ne se pose pas.