Neuf cent quatre-vingt-dix-neuf euros pour une machine qui ne dit pas quelle surface elle couvre. Autant commencer par ce trou-là, il est le plus visible de sa fiche.
Le 1600 du nom ne veut rien dire
Sur les cinquante-neuf modèles du catalogue, deux seulement ne publient aucune surface conseillée. Le Goat A1600 LiDAR Pro est l’un des deux. La documentation Ecovacs relevée le 2 août 2026 donne la pente, la largeur de coupe, le niveau sonore, le poids, les hauteurs de coupe, mais pas cette colonne-là. Le nombre inscrit dans le nom du modèle suggère seize cents mètres carrés à qui lit vite. Il ne les garantit pas, et Ecovacs se garde bien de l’écrire.
C’est gênant à ce prix. Sur toutes les autres machines à mille euros, cette valeur figure noir sur blanc, et c’est elle qui décide de l’achat avant toutes les autres. Ici, il faut la reconstruire soi-même à partir de la largeur de coupe et de l’autonomie, ce qui revient à faire le travail du constructeur.
Trente-trois centimètres de lame, et ce que ça change
Voilà son argument réel. Trente-trois centimètres de largeur de coupe, c’est la deuxième valeur du catalogue derrière les quarante centimètres du Lymow One Plus, un engin qui coûte trois fois plus cher. Le reste de la concurrence tourne autour de vingt-deux centimètres. Un tiers de largeur en plus, c’est un tiers de passages en moins pour la même pelouse.
La pente admissible suit : cinquante pour cent, ce qui range le Goat A1600 dans le groupe des huit modèles qui atteignent ou dépassent ce seuil. Les hauteurs de coupe montent jusqu’à quatre-vingt-dix millimètres, une plage large qui convient aux gazons rustiques qu’on laisse pousser l’été.
Et puis il y a les dix-sept kilos huit cents. C’est le plus lourd des onze robots à LiDAR du catalogue. En montée, cette masse travaille pour vous, les roues appuient. Dans un demi-tour sur herbe humide, elle travaille contre vous, parce que tout le couple passe alors sur une seule roue et que la machine pivote sur place. Les propriétaires qui décrivent du patinage le décrivent presque toujours à cet instant précis.
Quarante-cinq minutes, c’est peu
L’autonomie annoncée est de quarante-cinq minutes. La médiane des trente-neuf autonomies publiées du catalogue s’établit à soixante-dix minutes. Deux modèles seulement descendent aussi bas ou plus bas, et l’un des deux coûte quatre cent quarante-trois euros.
Trente-trois centimètres de lame rattrapent une partie du handicap, puisque chaque passage abat davantage de surface. Elle ne rattrape pas les trajets de liaison. Sur un jardin coupé par une terrasse ou une allée, le robot consomme sa batterie à faire la navette entre deux zones. C’est là que quarante-cinq minutes se voient.
Le niveau sonore annoncé, soixante-deux décibels, se situe au-dessus de la médiane du catalogue, qui ressort à cinquante-huit. Une machine à faire tourner en journée plutôt que la nuit sous la fenêtre du voisin.
Ce que racontent les propriétaires
Soixante-quatorze avis relevés sur Amazon, 4,2 étoiles de moyenne. La navigation LiDAR ressort bien : plusieurs acheteurs venus d’un robot à trajectoire aléatoire décrivent un repérage franchement plus propre, y compris sur terrain bosselé. La caméra embarquée, utilisée en mode surveillance, revient souvent dans les points positifs.
Les reproches sont plus intéressants parce qu’ils se répètent. La coupe de bordure est décrite comme un gadget par plusieurs propriétaires, qui ressortent le coupe-bordure après le passage du robot. Un acheteur signale que de l’herbe s’accumule sous le plateau de coupe et qu’il faut aller la déloger. Deux motifs reviennent chez des propriétaires de longue durée : des moteurs de roue arrière qui lâchent, présentés par l’un d’eux comme un défaut connu de la marque, et une machine qui ne repart pas après l’hivernage. Le service après-vente est mis en cause dans les deux cas, avec des délais et des réponses qui tournent en rond.
Ce dernier point ne surprend pas quelqu’un qui a travaillé en atelier. Un moteur de roue est une pièce d’usure sur un engin de dix-sept kilos qui pivote plusieurs centaines de fois par tonte. La question n’est pas s’il s’use. Elle est de savoir si on en trouve un de rechange, et à quel prix.
À qui ce robot convient
À un grand terrain plutôt ouvert, sans trop de couloirs de liaison, avec du dénivelé, et à un propriétaire qui accepte de reprendre les bordures à la main. La largeur de coupe et la pente sont réellement au-dessus du marché, et c’est ce qu’on paie.
À éviter si votre jardin est morcelé, si vous cherchez une machine qui se règle et s’oublie, ou si vous voulez savoir avant d’acheter combien de mètres carrés le constructeur estime pouvoir tenir. Cette réponse-là, il ne la donne pas.